Ce matin, ce n’est pas la colère qui parle. C’est un vertige. Une sidération silencieuse, comme si le cœur s’était figé devant l’inacceptable.
The Lodge at Furcy a été incendié.
Le feu a dévoré bien plus qu’un bâtiment. Il a réduit en cendres une vision, un engagement, une œuvre portée avec foi et constance pendant plus de deux décennies.
Nicole Gardère, n’a jamais été une simple propriétaire. Avec son mari Stanley Urban, elle a rêvé pour Haïti. Elle a cru en ce pays lorsque beaucoup avaient déjà détourné le regard. Ensemble, ils ont tout investi dans ce lieu qu’ils voulaient à l’image de leur idéal : accueillant, harmonieux, enraciné dans nos montagnes et tourné vers l’avenir.
The Lodge, c’était un havre, un lieu de transmission, une vitrine de ce que le tourisme haïtien pouvait offrir de plus noble. Un projet mûri avec patience, construit avec courage.
Aujourd’hui, il ne reste qu’un champ de ruines. Plus d une cinquante d’employes au chomage.
Mais ce n’est pas une histoire isolée. Elle s’inscrit dans une longue série de drames que nous connaissons tous : la Côte des Arcadins dévastée, Port-au-Prince et ses environs étouffés , Kenscoff, Bas de Delmas, Jacmel, Mireblais et tant d’autres lieux livrés aux flammes, à la violence, au vol, aux viols, à l’abandon.
Ceux qui sèment le chaos n’épargnent personne. Ni les familles les plus modestes, ni les écoles, les hopitaux, ni les lieux de culte. Ils détruisent sans distinction, et emportent avec eux ce qu’il restait d’ancrage pour des communautés déjà fragilisées.
Et pourtant, malgré l’ampleur de la perte, malgré le rôle historique de Nicole Gardère dans la promotion du tourisme en Haïti, aucun mot de soutien. Ni du Ministère du Tourisme. Ni de l’Association qu’elle a servie si longtemps. Le silence du CPT est d’autant plus assourdissant qu’il semble habituel.
Faillite de leadership ? Indifférence ? Complicité ? Nous posons la question.
Et nous attendons des réponses.
Tandis que des centaines de millions sont débloqués pour des élections dont on ignore le sens et les garanties, ceux qui bâtissent, investissent, innovent — tombent. Sans protection. Sans recours.
Alors oui, nous avons perdu un bien. Mais pas notre voix. Pas notre lignée.
Nous sommes les héritiers d’une tradition de bâtisseurs. De citoyens engagés. D’Haïtiens debout.
Nous ne demandons ni faveur ni pitié : nous exigeons responsabilité.
The Lodge renaîtra.
Parce qu’un pays ne se détruit pas seulement par le feu, mais aussi par l’indifférence.
Et parce qu’il y a, dans chaque pierre calcinée, la mémoire intacte d’un rêve qui demande à revivre.
Furcy, mardi 13 mai 2025
Au nom de la famille Nicole Gardère – Urban
N.B. : Ce message est destiné aux institutions concernées. Merci de le faire suivre pour que les suites nécessaires soient engagées.
Ne pas répondre, c’est déjà choisir de détourner les yeux!