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Port-au-Prince pris en étau entre la violence des gangs et l’inefficacité du CPT

Les mauvaises nouvelles ont continué leur course dans les rues de Port-au-Prince, ce 27 mars 2025.

27 mars 2025 | lenouvelliste.com

Frantz Duval

Les habitants des quartiers de Deprez, Pacot, Debussy et autres sont en train de se mettre à l’abri ou d’empaqueter leurs biens les plus précieux ou les plus faciles à emporter avant de prendre la fuite. Depuis lundi dernier, c’est le sauve-qui-peut général dans la zone.

Turgeau, Canapé-Vert, Bourdon, Juvénat et Musseau s’inquiètent des suites. Géographiquement, ces quartiers sont sur la trajectoire des offensives en direction de Pétion-Ville. 

Dans ces derniers quartiers de la capitale qui étaient encore vivables en février 2025, les jours d’affrontements, entre brigades, forces de l’ordre et groupes criminels, sont des jours de désolation. Les journées sans une détonation ou une rumeur sont celles qui font craindre le pire pour le lendemain.

Entre pillage et incendie, les nouvelles zones assaillies par les gangs vivent une triste et lente agonie. 

Les institutions publiques ont presque entièrement déménagé de la capitale ces dernières semaines, envoyant le message clair de la capitulation de l’État et détricotant sévèrement les discours des chefs actuels et tout ce qu’ils disaient avant de parvenir au pouvoir. Les photos et les publications sur les réseaux sociaux n’ont pas le pouvoir de changer la réalité, encore moins les perceptions.

Le monstre arrive, on le sait et rien ne l’arrête.

Le déplacement, avec une grande délégation, du président du Conseil présidentiel de transition à la Jamaïque pour une rencontre-photo avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio n’a pas débouché sur des annonces précises. Le dossier Haïti a été soulevé, mais il faudra attendre pour savoir quelle décision a été réellement prise.

Depuis la Jamaïque et lors du point de presse tenu par le président Jean, à son retour en Haïti ce jeudi, rien de concret n’a été dit. 

Les géniteurs du CPT, la Caricom et le Département d’État américain, au constat de la dégradation continue de la situation et de l’inefficacité de la formule collégiale inventée en 2024 pour diriger Haïti, vont-ils enfin voler au secours d’un pays en perdition avec les moyens adéquats ou ont-ils déjà administré l’extrême-onction au dossier Haïti ?

Le commun des mortels n’a aucune idée des conclusions arrêtées et qui scellent son sort. Les responsables haïtiens se prélassent dans le même bain confortable de ceux qui ne se sentent pas comptables d’une situation qui les dépasse.

Pris en étau entre la violence sans limite des groupes armés et l’indolence du Conseil Présidentiel de Transition, les Port-au-princiens ne savent plus quoi faire. 

Le monstre, le déluge et le cataclysme arrivent, on les voit arriver, mais tout le monde est tétanisé, figé par l’effroi, immobilisé par l’étau constitué de la paire  » violence des gangs et inefficacité du CPT ».

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